ACCUEIL NOTRE ASSOCIATION ARCHEOLOGIE LE MANS 1793 ACTUALITES NOTRE PROJET REJOIGNEZ-NOUS DONS CONTACT LIVRES LIENS« Moi, Je suis de ce peuple qui dort sans sépulture » et je le regarde avec respect et affection. Je ne suis pas aveuglé pas sa facette politique ou religieuse, je salue sa part d’universalité qui parle et parlera toujours aux hommes qui aiment et croient en la Liberté.
« Ils sont tombés »
« Ils sont tombés en invoquant leur Dieu » chante Charles Aznavour, en parlant de son peuple qui « dort sans sépulture ». Nous aussi, nous avons un peuple qui dort sans sépulture et il est tombé en invoquant son Dieu, une nuit de décembre 1793. Il s’est soulevé pour défendre sa foi et son roi. Est-ce une infamie qui mérite l’oubli et le mépris ? Lorsque je regarde ce peuple, ces enfants des Mauges, de Bretagne, d’Anjou et du Maine, je ne vois pas qu’un Dieu et un roi. Je discerne le sacrifice pour une idée plus générale, supérieure qui transcende les éléments factuels. Il est tombé pour des principes que notre société reconnaît comme fondamentaux, universels et de l’essence même de la dignité humaine : la liberté de conscience, le respect des idées de l’autre, la tolérance. N’y a-t-il pas grandeur à protéger le reprouvé ou le proscrit et mourir pour qu’il vive ? Faut-il rappeler qu’à cette époque déjà on déportait des hommes, simplement parce qu’ils étaient prêtres et obéissaient à leur conscience ; Qu’on emprisonnait des femmes et des hommes, dans des prisons immondes car ils donnaient à manger à des hommes bannis par la loi pour rester fidèle à un serment. Ces proscrits étaient souvent, un enfant du pays, un frère, un oncle, un neveu mais surtout et avant tout, un confident, un ami, une part d’humanité. Faut-il jeter la pierre, à l’enfant qui défend son père, à l’homme qui protège sa famille, à la mère qui cache son fils ? Ces prêtres représentaient tout cela pour ce petit peuple de l’Ouest. Ce peuple qui accueillit la révolution avec joie, qui dansa le 14 juillet 1790 à la fête de la Nation, car les principes qu’il portait au cœur devenaient réalité. La Liberté, la Fraternité et l’Egalité soufflaient sur ce monde de paysans vendéens, bretons, angevins…. Il a cru qu’il pouvait penser librement, prier son Dieu selon sa conscience, et vivre sur sa terre. Que pouvait-il connaître des conflits politiques de Paris, des factions, des complots, de l’impéritie et des ambitions de beaucoup ? Quatre ans après l’avènement de l’ère de la liberté, il payait plus d’impôts qu’avant, on lui réclamait ses fils pour mourir en des terres inconnues et il avait perdu l’homme qui lui traduisait la parole de Dieu.
Il s’est soulevé, s’est battu et est mort mais il a écrit avec son sang l’article 2 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression » La première des libertés n’est-elle pas celle de la conscience ? N’avait-il pas le droit ce petit peuple de se soulever pour résister à l’oppression de sa conscience ? Devait-il accepter la pensée unique ? Ce peuple à travers les siècles nous pose des questions qui résonnent à notre conscience contemporaine. Il a par son sang versé, par l’honneur bafoué de ses femmes, par les pleurs de ses enfants, lancé à travers les générations une interrogation fondamentale : Puis-je être libre de penser, de croire et de vivre selon ma conscience, au-delà des lois et des hommes ? A chacun sa réponse ! Réduire ce sacrifice à un combat politique ou religieux, c’est lui ôter sa part d’universalité qui interroge notre âme et notre conscience. Nous admirons le Juste qui cacha l’enfant juif, nous respectons le catholique qui ouvrit sa porte à un protestant un jour d’août 1572, nous célébrons les hommes morts pour défendre nos libertés. Qu’on fait ces hommes de l’Ouest, sinon se sacrifier pour défendre sa conception de la dignité humaine. « Moi, Je suis de ce peuple qui dort sans sépulture » et je le regarde avec respect et affection. Je ne suis pas aveuglé pas sa facette politique ou religieuse, je salue sa part d’universalité qui parle et parlera toujours aux hommes qui aiment et croient en la Liberté. Tanneguy LEHIDEUX, Juriste Auteur de "Combats d'un Chouan, Terrien Cœur de Lion" Geste édition 2009